L’aide en allaitement

Chicane autour du sein

Et si c’était la bouche de bébé qui était trop petite ?

Bien souvent, on ne réalise pas la facette cachée de certains troubles de l’allaitement. J’ai d’ailleurs écrit un article à ce sujet en collaboration avec le blog Roby et Cie que vous retrouverez juste ICI .

(Si jamais ça vous intéresse, j’avais aussi décrit brièvement les raisons de faire un suivi de naissance pour maman et bébé dans cet article si ça vous intéresse : https://robyetcie.com/suivi-de-naissance/.)

J’aimerais maintenant vous expliquer le rôle de la chiropratique pédiatrique lors de difficulté ou douleur à l’allaitement.

Tout d’abord, je précise l’impact important des tensions musculaires et/ou articulaires du bébé lors de la prise au sein (ou du biberon). Qu’elles soient associées à des contraintes utérines (mauvais positionnement dans sa toute petite première maison) ou qu’elles subviennent suite à l’accouchement (vaginal ou par césarienne), bébé tout neuf peut avoir de petites ou grandes tensions. Ensuite, comme une des premières activités du bébé sera de manger, c’est souvent lors des boires que les premiers signes de tensions seront les plus visibles (dès les premières heures).


Différentes causes peuvent être à l’origine de douleurs lors de l’allaitement.

En voici quelques-une :

  • Blocage des vertèbres du cou (Torticolis congénital)
  • Tension dans les muscles du cou, surtout le muscle sterno-cléido-mastoïdien (Torticolis congénital)
  • Frein(s) de lèvre ou de langue
  • Tension, blocage ou fracture de la clavicule
  • Restrictions des os crâniens
  • Tensions musculaires et restriction articulaire de la mâchoire (articulation temporo-mandibulaire).

 

L’intervenant le plus souvent oublié est la mâchoire du bébé. Surtout qu’elle influencera souvent les 2 seins. Dans la séquence téter/respirer/avaler, une mâchoire bien souple et symétrique permettra l’ouverture complète de la bouche. Elle libérera la langue pour lui permettre de couvrir les gencives du bas afin de bien masser le sein et le mamelon sans douleur.

 

Lors d’une bonne prise au sein, le mamelon appuiera au delà du palais dur dans la bouche du bébé (essayer dele faire avec votre langue sur votre palais, c’est vraiment loin dans la bouche!). Ainsi, le mythe du « trop gros mamelon » ne fait pas de sens. Pour certaines femmes, l’auréole du sein pourra rester visible malgré une bonne prise au sein. Ceci dit, le bout de son mamelon devrait toujours appuyer très loin dans la bouche du bébé.

 

Une bouche n’ouvrant pas assez grand créera une prise au bout du sein. Le contact des gencives directement sur le mamelon (plutôt que la langue du bébé) occasionnera de forte douleur et engendrera des plaies sur les seins (crevasses et gerçures). Aussi, une moins bonne tétée nuira à la production de lait et favorisera de l’engorgement (mastite, obstruction du canal lactifère).

 

 

Mais à quel moment doit-on suspecter que la mâchoire de bébé est en cause ?

Voici quelques indicateurs :

  • Douleur dans les deux seins
  • Sensation constante des gencives sur le mamelon
  • Auréole du mamelon reste visible durant la têtée
  • Bout du mamelon semble trop gros pour la bouche
  • Peu de mouvement de la langue
  • Perte de la succion durant le boire (crée souvent un « snap » audible avec la langue du bébé).
  • Présence d’un frein de lèvre ou de langue.
    • La tension causée par le frein, crée souvent une tension à la mâchoire. Il est donc important de la faire évaluer, surtout si la douleur ou la prise au sein ne s’améliore par complètement après l’intervention (frenectomie).
  • Torticolis congénital.
    • La tension au cou est souvent accompagnée de tension à la mâchoire. Il est important pour le professionnel évaluant un torticolis d’évaluer aussi l’état de la mâchoire, surtout si le bébé n’est pas allaité (les symptômes classiques d’une problématique de mâchoire de bébé sont plus facilement identifiables à l’allaitement (allo les seins gercés!)).

 

Maman pourra toujours aider bébé à oublier les tensions au cou. Elle modifiera ses positions et trouvera son meilleur « set up » pour chaque sein. Malheureusement, malgré ses meilleures intentions, maman ne pourra pas  s’adapter à une petite mâchoire serrée. Souvent, dès le premier 72h, les seins sont déjà au vif. Il faut donc évaluer et agir vite.

À la clinique, nous voyons souvent des bébés de moins de 5 jours pour évaluer « leur part de responsabilité » dans le trouble d’allaitement. Dans certains cas, nous travaillerons en équipe avec une consultante en lactation pour qu’elle puisse évaluer la production de lait (lactation) et les bonnes postures d’allaitement. De notre côté, nous tacherons d’identifier et de relâcher toutes les tensions du bébé. Les techniques de chiropratique pédiatrique sont douces, sécuritaires et, malgré la croyance populaire, sans « craquement » (ou « cavitation »).  Il faut bien clarifier que le traitement est d’une infinie douceur et sans mouvement brusque. (On peut comparer la minime pression du bout du doigt exercée à celle qu’on l’on utilise en appliquant de l’ombre à paupière.)


La conclusion importante lorsque l’allaitement est douloureux est de chercher de l’aide.

Visitez rapidement un professionnel de confiance pour évaluer si ce n’est pas bébé qui aurait besoin d’un petit touch up. C’est rarement (lire : jamais !), la faute de maman.

C’est un travail d’équipe qui a parfois simplement besoin d’être un peu amélioré. 🙂 

 

Si vous avez des questions concernant l’aide à l’allaitement par la chiropratique pédiatrique, n’hésitez surtout pas à communiquer avec nous ! 

 

Dre Sophie, chiropraticienne 

 

 

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